La Histadrout a menacé de paralyser tout le secteur public si le gouvernement entérine dimanche prochain le budget de l'Etat et les lois annexes pour l'année 2009. Ces menaces ont été proférées jeudi matin par le président de la grande centrale syndicale, Ofer Eini.
Dans les plans du nouveau budget, qui doivent être présentés au gouvernement lors du prochain conseil des ministres, il est question notamment du licenciement de centaines de fonctionnaires et de la privatisation d'un certain nombre de services gouvernementaux.
Les délégués syndicaux ont indiqué clairement que si les ministres approuvaient ces propositions, la Histadrout déclarerait immédiatement un conflit du travail qui devrait déclencher, deux semaines plus tard, une grève générale.
Ofer Eini a déclaré jeudi matin, sur les ondes de Galei Tsahal: "Le ministre des Finances Roni Bar-On n'a pas tiré les leçons des échecs de ses prédécesseurs. Nous ne laisserons pas le gouvernement porter atteinte aux travailleurs".
Le comité d'action de la Histadrout, qui a examiné les lois de Finance et a fait part de ses conclusions à Eini, considère que le Trésor n'a pas respecté ses accords.
Dans l'entourage d'Ofer Eini, on laisse entendre que ce dernier pourrait jouer un rôle non négligeable dans les Primaires de Kadima et inciter les candidats à prendre nettement position sur les questions sociales afin d'augmenter leur chance d'être élus à la tête du parti.
De son côté, à dix jours de la rentrée des classes, le président des collectivités locales, Adi Eldar, a dénoncé la politique économique du gouvernement, qui procède à de nouvelles coupes budgétaires, et a déclaré que si la situation dépendait de ses collègues et de lui-même, les élèves resteraient chez eux le 1er septembre prochain.
Lors d'un meeting réuni d'urgence jeudi après-midi, Eldar a déclaré qu'ils n'étaient pas en mesure de fermer les établissements scolaires mais qu'il pouvait en revanche ne pas fournir les services procurés généralement par les municipalités. Il faisait allusion par exemple aux transports d'élèves, aux aides apportées aux jardinières d'enfants, au personnel chargé de l'entretien, au secrétariat, et à la garde devant les écoles. Eldad a toutefois promis de ne pas s'en prendre aux services de l'éducation spécialisée.
Vu tous les tensions qui persistent, comme toujours, il semble peu probable que le Budget sera adopté dimanche comme prévu dans l'emploi du temps du gouvernement. Mais personne ne sera surpris par ce contretemps. Au Trésor, on ne se fait aucune illusion et on estime qu'il y a peu de chance que le budget soit approuvé lors du prochain conseil des ministres. Pour le moment, en dépit des pressions, le ministre Bar-On a laissé entendre qu'il ne céderait pas et qu'il refuserait d'augmenter de 2,5 % le cadre du budget.