Le président syrien Bachar el Assad a entamé jeudi matin une visite officielle de deux jours en Russie. Quelques heures après son arrivée, il s'est rendu dans la station balnéaire de Sotchi, au bord de la mer Noire, où son homologue russe Dmitri Medvedev l'attendait dans sa résidence d'été.
Assad a entrepris ce voyage pour renforcer les liens entre les deux pays et favoriser leur coopération dans des domaines divers. Il sera sans doute question, lors des entretiens entre les deux hommes, de ventes d'armes de la Russie à la Syrie. On peut donc s'attendre à la signature d'accords entre les deux pays (qui pourraient être nuisibles à Israël) mais on ignore pour l'instant quelle en sera la teneur.
D'après la chaine télévisée gouvernementale Russia To Day, émettant de Moscou, lors des entretiens, Assad aurait proposé que la Russie installe sur le territoire syrien une batterie de missiles. Il s'agirait pour lui d'une réaction légitime au déploiement des missiles américains sur le sol polonais, des manœuvres qui ne sont pas vues d'un bon œil par Moscou. Mais cette proposition n'aurait pour l'instant pas retenu l'attention des autorités russes.
Le diplomate russe Anatoly Yurkov, en poste en Israël, a confirmé que Moscou n'était pas intéressé et a souligné que la Russie "n'avait pas d'ennemis dans la région et que les relations avec Israël n'avaient jamais été aussi bonnes".
Au cours de ses discussions avec Medvedev, Assad a déclaré à son hôte qu'il approuvait pleinement la politique adoptée par la Russie dans la crise qui l'oppose à la Géorgie. Selon les agences de presse russes, Assad aurait déclaré à son interlocuteur que "la Syrie comprenait parfaitement les positions des autorités russes", ajoutant qu'il s'agissait d'une "riposte légitime aux provocations de la Géorgie". Assad a ajouté qu'il "admirait le courage de la Russie" qui avait décidé malgré tout de retirer ses troupes de Géorgie.
Assad a encore déclaré que la question de la coopération technique et militaire entre les deux pays revêtait pour lui une grande importance. Il a encore prétendu que "les Etats-Unis et Israël continuaient à exercer sans répit des pressions sur la Russie afin que celle-ci ne vende pas d'armes à Damas".
Avant de partir pour la Russie, le président Assad avait accordé quelques interviews, notamment à des médias russes. Dans l'une d'entre elles, il avait souligné que ce conflit lui permettrait d'expliquer au Kremlin qu'il devait renforcer son alliance avec la Syrie "pour réagir aux ventes d'armes israéliennes à la Géorgie".