L'ancien directeur des Renseignements militaires, Binyamin Ghibli, est décédé mardi soir à son domicile de Tel Aviv. Il était âgé de 89 ans. Binyamin Ghibli est né à Petah Tikva en 1919. Après avoir servi dans les rangs de la police des localités juives avant l'Indépendance, il a été nommé officier des renseignements pour la région de Jérusalem après la création de l'Etat.
A cette époque, où les Juifs d'Israël luttaient contre le Mandat britannique, Ghibli avait été impliqué, avec d'autres, dans l'affaire de l'officier du Palmah Meir Toubiansky, condamné à mort pour haute trahison. Toubiansky avait été accusé d'avoir espionné pour le compte des Anglais mais quelques temps après son exécution, il s'est avéré qu'il était innocent.
En 1950, Binyamin Ghibli a été nommé à la tête des Services de Renseignements militaires. C'est dans le cadre de ses fonctions qu'il aurait joué, selon certains, un rôle important dans une affaire de sabotage en Egypte en 1956. Il aurait alors recruté des agents pour placer des bombes dans plusieurs installations britanniques et américaines afin de nuire aux relations entre le Caire et Washington et renforcer en même temps le statut d'Israël.
Les agents israéliens avaient été arrêtés et jugés et plusieurs d'entre eux avaient même été exécutés. Le rôle d'Israël dans cette affaire, surnommée en Israël "Isskat Bish", avait été dévoilé, portant un coup sérieux à ses relations diplomatiques. Le ministre de la Défense de l'époque, Pinhas Lavon, avait même dû démissionner mais il a toujours prétendu ne pas avoir été lié à l'opération.
Le rôle des officiers des renseignements dans cette intervention n'a jamais été clarifié et on ne saura donc jamais qui en est le principal responsable. Binyamin Ghibli a toujours affirmé pour sa part que Lavon en était l'instigateur et devait donc en assumer les conséquences.
Après l'affaire en Egypte, Ghibli avait été démis de ses fonctions et nommé au commandement militaire nord avant d'être placé à la tête de la brigade de Golani dont il a dirigé les actions au moment de l'opération Kadesh. Il a ensuite occupé les fonctions de commandant de la zone militaire centre. En 1960, il a été envoyé, en tant qu'attaché militaire, en Grande Bretagne et en Scandinavie et a quitté l'uniforme en 1961.
Au cours des années, Ghibli a toujours clamé son innocence dans la fameuse affaire des sabotages en Egypte et a même promis de publier un livre où il comptait exposer ses positions. Par la suite, Ghibli, entré dans la vie civile, est devenu un industriel prospère et entre les années 1986-1989, a occupé le poste de directeur général de la compagnie d'électricité d'Israël.