Une commission ministérielle présidée par le Premier ministre Ehoud Olmert a entériné lundi matin une décision prise la veille, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, concernant la libération de 200 terroristes palestiniens. Sur la liste qui a été présentée aux ministres figurent les noms de deux hommes qui ont, selon la définition, "du sang sur les mains", ce qui signifie qu'ils sont personnellement responsables du meurtre d'Israéliens.
Il s'agit d'une part de Muhammad Abou Ali, qui a assassiné un soldat réserviste à Hébron et un prisonnier palestinien qu'il soupçonnait de "collaboration", et d'autre part de Saïd Outba, qui avait déposé des engins piégés dans les marchés de Petah Tikva et du Carmel et dans des autobus. Une Israélienne, Tsila Galili z"l, avait trouvé la mort dans une des explosions.
Deux ministres se sont opposés à cette procédure; il s'agit d'une part du ministre des Transports Shaoul Mofaz et d'autre part du ministre de la Sécurité intérieure Avi Dichter, tous deux membres de Kadima (et candidats aux Primaires du Parti, prévues dans un mois).
Mais si Dichter s'est opposé à cette libération, c'est qu'il considère qu'il fallait les garder et les utiliser comme monnaie d'échange pour obtenir la libération de Guilad Shalit. Dichter a également refusé la libération d'un autre terroriste de Gaza et ce dernier restera en prison.
Mofaz a estimé pour sa part qu'il ne s'agissait pas d'un geste en faveur de Mahmoud Abbas (à l'occasion du Ramadan) mais plutôt d'un "signe de faiblesse". Il a ajouté : "Le gouvernement israélien a libéré des centaines de détenus au cours de ces derniers mois et cela n'a changé en rien le statut d'Abou Mazen". Et de rappeler : "Guilad Shalit est toujours entre les mains de ses ravisseurs".
Le Shin Bet, de son côté, s'opposerait formellement à la libération de ces terroristes. Un ancien haut responsable de la sécurité a déclaré au Jerusalem Post en anglais que la nouvelle avait été très mal accueillie par les services de sécurité et il a ajouté : "Ils travaillent jour et nuit pour capturer et neutraliser des terroristes et tout part en un instant"! Il faut savoir que près de 40 % des "détenus sécuritaires" sont relâchés avant d'avoir purgé la totalité de leur peine. Au Shin Bet, on se demande : "Pourquoi les avons-nous capturés ?"