Aharon Barak est né en 1936 dans la ville de Kovna, en Lituanie. En 1941, lorsque les Allemands envahissent la Lituanie, sa famille est contrainte de s’installer dans le ghetto de la ville. A l’âge de 8 ans, une famille lituanienne l’aide à se sauver du ghetto avec sa mère (en 1993, cette famille reçut le titre de ‘Juste des Nations’) Jusqu’à la libération de la Lituanie par l’Armée soviétique, ils furent cachés par une famille de paysans.
En 1947, il immigre en Israël avec sa famille. En 1954, il passe son baccalauréat et quatre ans plus tard, il passe une maîtrise de Droit à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Parallèlement, il suit des cours d’Economie et de Relations internationales à la faculté.
Il fait son service militaire dans le cadre d’un programme spécial pour étudiants, au bureau du conseiller économique du chef de l’Etat-major et au département budgétaire du ministère de la Défense. Entre 1960 et 1963, il est assistant dans l’enseignement à la faculté de Droit de l’Université Hébraïque de Jérusalem. En 1963, il passe son diplôme d’avocat et cette même année, il présente son doctorat avec excellence et reçoit le titre de docteur en droit de l’Université Hébraïque.
Durant les années qui suivent, il progresse dans le monde académique et acquiert la réputation d’un «enfant prodige» en Droit. En 1968, il est nommé professeur membre de la faculté de Droit de l’Université Hébraïque de Jérusalem.
En 1973, il reçoit le prix Kaplan pour l’excellence de ses recherches et de ses connaissances. Entre 1974 et 1975, il reçoit le titre de doyen de la faculté de Droit de l’Université Hébraïque de Jérusalem.
C’est en 1975 qu’il fait ses débuts dans le domaine public, en dehors du monde académique, quand il est nommé conseiller juridique du gouvernement. En tant que conseiller juridique du premier gouvernement de Rabin, il n’hésitera pas à se frotter à l’élite du pouvoir dans le cadre d’affaires de corruption et oeuvrera par exemple pour la déposition d’actes d’accusation contre Asher Yadlin, Abraham Ofer et Léa Rabin, l’épouse du Premier ministre de l’époque.
En tant que conseiller juridique du premier gouvernement de Begin, il participera aux pourparlers avec l’Egypte. Au terme de son mandat, Begin fit appel à lui en tant que conseiller spécial pour les négociations de Camp David.
En 1978 Barak est nommé juge à la Cour suprême. En 1993, il devient vice-président de Méïr Shamgar, à la Cour suprême et lui succèdera.
Depuis son entrée à la Cour suprême, Barak a œuvré pour élargir le champ d’action de cette institution. Durant les années 1990, il dirige la ‘révolution de l’activisme juridique’ à la Cour suprême. Un des fondements de cette ‘révolution’, était ‘Tout est jugeable !’, déclaration que Barak regretta plus tard.
Durant son mandat, l’intervention de la Cour suprême dans les affaires concernant le pouvoir, augmentera considérablement, auprès du gouvernement, comme auprès de la Knesset et en particulier sur des questions d’ordre politique qui furent longtemps considérées comme ne faisant pas partie de l’autorité de la Cour suprême.
La révolution entreprise par Barak a rendu la Cour suprême beaucoup plus puissante et depuis, toute prise de décision tient compte de l’avis des Juges de cette cour.
Barak est donc devenu très influent sur la situation en Israël en général et en particulier dans le domaine politique.
Aharon Barak a terminé son mandat à la tête de la Cour suprême en septembre 2006 et y a été remplacé par Dorit Beinish.
Aharon Barak est marié à la juge Elisheva Barak.