Ce mardi est arrivée en Israël une immigrante pas comme les autres: Frances Greenberg. Il y a 61 ans, presque jour pour jour, Frances faisait partie des 4.515 passagers de l'Exodus. Avant l'expedition, elle avait connu Isak Greenberg dans un camp pour personnes déplacées, et en était tombé amoureuse. Leur chemins s'étaient hélas séparés, car Frances était une fervente sioniste et rêvait d'émigrer en Erets Israël, alors qu'Isak, lui, avait les yeux tournés vers l'Amérique. Mais lorsque le bateau fut refoulé par les britanniques et dut retourner en Allemagne, Isak réussit à retrouver Frances, et cette fois-ci, elle renonça à l'alyah pour faire sa vie avec lui. Ils partirent s'installer à Pittsburgh, en Pennsylvanie pour de longues années.
Le décès d'Îsak l'an passé a réveillé chez Frances le "vieux rêve" sioniste, et c'est à l'âge de 88 ans qu'elle est arrivée mardi à l'aéroport Ben Gourion, en même temps que 210 autres immigrants des Etats-Unis, montés avec l'organisation "Nefesh Benefesh". Très émue à son arrivée, elle a déclaré: "La dernière fois que je suis arrivée près d'Erets Israël, j'étais seule, et dernière survivante de toute ma famille. J'avais 27 ans, et l'Etat juif n'existait pas encore!" Les parents, les deux soeurs et le frère de Frances furent assassinés par les nazis, mais elle ne sait ni où, ni quand, ni de quelle manière. Elle doit sa vie au fait qu'elle a réussi à fuir de Pologne vers la Sibérie.
Frances a eu droit à tous les honneurs à son arrivée à l'aéroport Ben Gourion. "Mon mari voulait vivre aux Etats-Unis, mais quand il est décédé, j'ai tout de suite pensé à réaliser mon rêve! Mais de là à un tel accueil !!!" s'exclame-t-elle.
Frances va s'installer à Raanana, tout en avouant "qu'à 88 ans, il n'est pas facile de quitter l'endroit où l'on a fait la plus grande partie de sa vie, et repartir à l'aventure! C'est difficile financièrement, émotionnellement, physiquement et culturellement!" Elle s'est difficilement séparée de son fils Alan et de trois petits-enfants, restés aux Etats-Unis, mais retrouve en Israël sa fille Ilana, montée il y a 36 ans, et trois autres petits-enfants.
Frances est optimiste: "J'espère que mes dernières années ici seront réussies. J'ai vécu heureuse aux Etats-Unis, je vivrai heureuse ici en Israël".
C'est ce qu'on lui souhaite...et vive la Frances!