
La "bombe médiatique " de jeudi soir et le discours pathétique du Premier ministre ne sont qu'une première phase parmi les nombreuses étapes que va connaître la nouvelle affaire dans laquelle Ehoud Olmert est présumé avoir trempé. L'enquête, et le procès s'il a lieu un jour, nous promettent d'être très longs et pleins de rebondissements. Et le Premier ministre, en juriste confirmé, va utiliser toutes les ressources dont il dispose pour se défendre et prouver sa bonne foi.
Les avocats d'Ehoud Olmert parlent maintenant de saisir la Cour Suprême contre la décision de la Police de convoquer en urgence Morris Talansky pour recueillir son témoignage. Raison invoquée: "le Premier ministre a droit à un traitement juste et équitable, et si des témoignages sont recueillis sans qu'il puisse les entendre et se défendre, ce n'est pas loyal." Le staff de défense d'Ehoud Olmert s'est d'ailleurs renforcé d'une "grande pointure" du monde judiciaire en la personne de l'avocat Navot Tel-Tsour.
La procédure de convoquer en urgence une personne pour témoigner avant un procès, n'est autorisée que dans des situations très précises, et les défenseurs du Premier ministre estiment "que dans le cas présent, elle ne se justifie pas, car Morris Talansky a indiqué qu'il était prêt à revenir en Israël à n'importe quel moment pour témoigner devant la Police." Mais le Conseiller juridique du gouvernement, Meny Mazouz, ainsi que le Procureur de la République, Moshé Lador, ont demandé au Tribunal de District de Jérusalem d'autoriser tout de même cette procédure d'urgence, "car beaucoup de choses peuvent se passer d'ici un procès, et il se peut qu'à ce moment-là, Talansky ne veuille pas ou ne puisse pas témoigner pour diverses raisons". Il existe certes des possibilités de recueillir des témoignages à l'étranger, par vidéo, mais Lador ne veut apparemment pas prendre de risques, et veut profiter du séjour actuel de Talansky pour "battre le fer tant qu'il est chaud". Tout ce que dira Talansky à la Police, aura le statut de témoignage à tous égards, lors d'un procès éventuel.
Lors de sa première audition, le milliardaire américain a fait également part à la Police de "ses craintes qu'Ehoud Olmert n'envoie quelqu'un pour attenter à sa vie". Moshé Lador estime toute fois "qu'il est impensable de prêter au Premier ministre ou à Shoula Zaken de telles intentions, mais du moment qu'il s'agit d'un sentiment subjectif d'une personne, il faut en tenir compte, et éviter que cette personne ne refuse un jour de témoigner".
Il semble donc que le témoignage de Morris Talansky soit crucial dans cette affaire. Et le Tribunal a accédé vendredi midi à leur demande, rejetant toute fois la requête du témoignage à huis-clos. C'est donc contre cette décision que les avocats du Premier ministre vont tenter d'agir cette semaine auprès de la Cour Suprême.
Sur le plan judiciaire en tous cas, cette affaire est très loin d'être terminée.