Les camarades de Guilad Shalit ont terminé mardi leur service militaire et lorsqu'ils ont rendu leur uniforme pour reprendre la vie civile, ils ont été pris d'un sentiment de malaise, se rendant compte qu'ils étaient libres alors que leur compagnon d'armes se trouvait toujours entre les mains des terroristes du Hamas.
Tenant à faire un geste pour exprimer leur désarroi, sept d'entre eux ont sollicité un entretien au ministre de la Défense, qui les a reçus dans l'après-midi dans son bureau de Tel Aviv. Avant de rencontrer Barak, ils ont entamé une marche avec les membres de leur unité et se sont exprimés devant les caméras.
L'un d'entre eux, Youri, a déclaré aux journalistes : "Nous avons quitté l'armée aujourd'hui mais notre libération n'est pas complète. Nous nous considérons toujours comme mobilisés, cette fois pour la libération de Guilad Shalit". Et de préciser : "Nous avons maintenant un objectif bien précis: que la question de Shalit reste à l'ordre du jour afin qu'il puisse rentrer chez lui le plus rapidement possible. Nous mettrons tout en œuvre pour que cela puisse se faire".
Des parents se sont joints au groupe des camarades de Shalit, pour exprimer leur solidarité et leur désir de voir le jeune otage entamer comme leurs enfants la vie civile et préparer son avenir. Par la suite, ils ont été rejoints par les amis de Ron Arad, qui luttent eux aussi pour que le pilote soit enfin libéré de captivité et rendu aux siens. L'un d'entre eux a rappelé : "On n'abandonne pas un soldat sur le terrain. Et il faut agir vite et faire le nécessaire sans attendre".
Dans la soirée, près d'un millier de personnes se sont retrouvées sur la Place Rabin, à Tel Aviv, pour un meeting de solidarité organisé par les amis de Shalit. Le père du soldat, Noam Shalit, a remercié chaleureusement les jeunes camarades de son fils qui "au lieu d'aller à la plage ou d'acheter un billet pour l'étranger, avaient choisi de défiler dans les rues et d'entraîner avec eux des centaines de citoyens".
Il a ajouté: "Cela fait deux ans que nous ne lui avons pas parlé, mais nous avons ici une consolation; nous voyons que ses compagnons d'armes n'ont pas oublié les valeurs de l'amitié, même lorsqu'ils viennent de finir leur service militaire. Cela aurait dû être un jour de joie et ses camarades ne l'ont pas abandonné et je leur dis merci". Ont suivi ensuite les allocutions de plusieurs camarades, qui étaient proches de Guilad.
La soirée a débuté par la diffusion d'un enregistrement, où on entend la voix de Guilad Shalit. il s'agit d'une cassette envoyée il y a quelques mois aux parents de Guilad par ses ravisseurs. Avant les discours, l'assistance a observé une minute de silence en souvenir d'Eldad Reguev et d'Ehoud Goldwasser, dont les corps ont été restitués la semaine dernière par le Hezbollah après deux ans d'incertitude sur leur sort.