Le Premier ministre du Royaume-Uni Gordon Brown (travailliste) effectue en ce moment une visite au Proche-Orient. Il s'agit de son premier voyage officiel dans la région depuis qu'il a succédé à Tony Blair, au mois de juin 2007. Il est arrivé en Israël en compagnie de 25 hommes d'affaires britanniques de premier plan, ce qui laisse présager de la nature de ses conversations avec certains dirigeants.
Lors de son entretien dimanche matin avec le président de l'Etat Shimon Pérès, les deux hommes ont évoqué surtout des initiatives financières qui seraient selon eux la véritable solution au conflit. Brown a même déclaré qu'il envisageait l'application d'une "feuille de route économique" au Proche-Orient pour permettre aux partenaires de ce projet de "contribuer au développement et à la stabilisation de la région". Il a ajouté à l'intention de son hôte que son pays "soutenait les droits d'Israël à vivre en paix et dans la sécurité", mais il a demandé que les autorités du pays "assouplissent leur politique dans les points de passage et mettent un terme à la construction dans les implantations".
Brown, qui venait d'une visite au mémorial de la Shoah, à Yad Vashem, a déclaré à Shimon Pérès qu'il l'admirait beaucoup, en raison de sa "vision globale de la paix". Il a ajouté qu'il souhaitait, dans ce contexte, inciter des hommes d'affaires et des compagnies importantes de Grande Bretagne à promouvoir cette vision de l'avenir. Il a encore précisé qu'il profiterait de sa visite pour signer des contrats de coopération entre la Grande Bretagne et Israël dans le domaine du commerce, de la culture et des études universitaires.
Brown, qui a occupé pendant dix ans le poste de ministre des Finances dans son pays, a encore indiqué : "C'est ma quatrième visite dans la région et je suis chaque fois surpris de la puissance de votre économie. Vos performances, tant dans le domaine financier que technologique, sont considérables et revêtent une grande importance, surtout lorsqu'on tient compte de l'hostilité environnante dans laquelle vous vivez en permanence". Il a encore souligné que "les liens entre Israël et la Grande Bretagne étaient déjà très forts" et qu'il avait l'intention de les développer davantage encore afin "d'encourager la participation de la Grande Bretagne dans l'économie de la région".
Shimon Pérès a répondu à son hôte en affirmant qu'Israël accueillait favorablement les initiatives de Gordon Brown et de la délégation d'hommes d'affaires qui l'accompagne. Il a déclaré : "N'envoyez pas des armées et des diplomates, envoyez des compagnies et des hommes d'affaires, cela contribuera bien plus au développement du processus de paix et modifiera la nature de nos relations avec nos voisins palestiniens".
Après ces paroles "optimistes", le chef du gouvernement britannique s'est rendu à Bethlehem où l'attendait notamment le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. A l'issue de l'entretien, il a tenu une conférence de presse avec son interlocuteur. Brown a alors prétendu qu'Israël "devait cesser la construction dans les implantations". Il a fait part en outre de son intention d'augmenter l'aide économique que son pays attribue déjà à l'AP.
Mahmoud Abbas a prétendu de son côté, une nouvelle fois, qu'Israël ne remplissait pas sa part du contrat et ne respectait pas les conclusions d'Annapolis.