
Très peu a été dit sur l'effet à l'étranger des affaires impliquant le Premier ministre Ehoud Olmert. Si au niveau intérieur israélien les effets sont dévastateurs, qu'en est-il auprès des communautés juives de diaspora? Le Jérusalem Post a réalisé une enquête auprès de leaders communautaires aux États-Unis, dont certains ont préféré rester anonymes.
L'une des personnes interrogées a été l'un des leaders les plus en vue de l'establishment juif américain. Il a affirmé "que le judaïsme américain était très préoccupé par les affaires de corruption qui touchaient le Premier ministre ainsi que d'autres dirigeants" Et si les officiels juifs américains "font un relatif silence sur ce phénomène, c'est à la fois par honte, et pour ne pas lui donner encore plus de publicité aux États-Unis". "Mais cela nous fait de la peine", ajoute-t-il, car "Israël représente pour nous un idéal"
Pour lui, "si Olmert est encore Premier ministre au mois de novembre, il est fort probable que l'attitude des organismes américains tels que AIPAC ou JNF changent leur approche, et que les délégations juives officielles qui partent pour Israël hésitent dès lors à le rencontrer".
L'implication financière énorme des Juifs américains pour Israël, entraîne naturellement pour eux une implication plus forte dans ce qui se passe en Israël au plus haut niveau, et il semble que les affaires successives qui touchent le Premier ministre les mettent de plus en plus mal à l'aise.
Mais à l'opposé, certains en Israël voient d'un mauvais œil l'influence grandissante de certains juifs américains richissimes sur la politique et l'opinion israélienne. Tout cela n'était pas mis en évidence tant que ces mécènes finançaient des programmes chers à Shimon Pérès. Mais l'apparition du cas "Adelson" a fait sortir de leur silence les journalistes de gauche les plus engagés. Sheldon Adelson, multimilliardaire, 3e fortune des États-Unis et ami de Binyamin Netanyahou, est entre autres le propriétaire du journal "Israéli Hayom", quotidien gratuit distribué dans les rues et places de tout Israël. Contrairement à la plupart des journaux, "Israéli Hayom" se porte en critique sévère d'Ehoud Olmert et du gouvernement. Comme il est très lu par les "citoyens de base", ses adversaires l'accusent de faire campagne pour Binyamin Netanyahou.
L'exemple américain est extrême car il s'agit de la plus grande, la plus riche et la plus influente diaspora au monde. Mais il est certain que les répercussions des scandales financiers à répétition impliquant un Premier ministre israélien et certains de ses amis, commencent à mettre mal à l'aise les communautés juives de part le monde, qui en sont souvent encore à devoir lutter contre les manifestations d'antisémitisme classique, faisant référence au "lien malsain entre le Juif et l'argent".
L'image d'Israël, vue par les Juifs de diaspora comme un phare et une fierté, souffre énormément de l'érosion des normes de l'éthique politique en cours dans le pays.