Deux ans se sont écoulés depuis la Deuxième Guerre Liban – avez-vous le souvenir d’une théorie aussi originale que celle qui nous fut alors présentée par le gouvernement d’Olmert après la guerre? Selon eux, mes amis, «c’est justement à des gens qui ont commis des erreurs, qu’il faut confier le soin de les réparer»…
Il ne s'agit là que d’une des nombreuses bêtises qui nous furent servies à ce moment-là.
Une autre stupidité nous affirmait qu’en fait, la guerre s’était terminée par la victoire d’Israël – même si ce ne fut pas tout à fait par un knock-out et si ce ne fut que sur «certains points» On se souvient de l’argument selon lequel l’accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah sous la tutelle de l’Onu (résolution 1701 du Conseil de sécurité) fut en fait un traité prodigieux qui permit à d’importantes forces de l’Onu et de l’armée libanaise de prendre position au sud du Liban et par leur présence, d’empêcher le Hezbollah de se réarmer. Il a suffi de peu de temps pour que le Hezbollah tourne cette «résolution» en ridicule et en fassent une mauvaise blague.
Apparemment, durant de longs mois, le gouvernement d’Olmert fut occupé à étudier le rapport Winograd – le rapport intérimaire puis le rapport final et en fin de compte, les responsables des erreurs se sont affairés à les réparer. Quelqu'un y a vraiment cru?
En fait, nous n’avions pas besoin du rapport Winograd pour savoir que le gouvernement avait commis une erreur en ne donnant pas les instructions nécessaires pour que Tsahal envoie des troupes terrestres au sud Liban, afin d’écarter la population israélienne de la portée des tirs du Hezbollah.
Cette conclusion s’est renforcée le jour où le cessez-le-feu est entré en vigueur, lorsque les habitants du Nord ont reçu leur ration quotidienne de missiles du Hezbollah. Pas besoin d’être un savant en missiles pour le comprendre.
David Ben-Gourion avait usage de dire qu’en premier lieu, le rôle de Tsahal en temps de guerre, est de mettre la population civile à l’abris et de la protéger. Le cabinet de sécurité a tout simplement oublié cette leçon, dans le vain espoir que l’armée de l’Air suffirait à résoudre le problème. Et la leçon n'a toujours pas été apprise de nouveau.
Le grand philosophe George Santyana a dit que «ceux qui n’ont pas tiré les leçons de l'histoire, sont condamnés à les répéter» Il arrive rarement que l'histoire se répète. Après tout, les choses changent à un rythme tellement rapide, que rares sont les chances que nous nous trouvions un jour face à un scénario identique à un autre scénario auquel nous avons été confrontés dans le passé.
Mais le gouvernement d’Olmert a eu cette occasion exceptionnelle. Immédiatement après l’échec de la Deuxième Guerre du Liban, elle a été confrontée à une autre guerre au Sud du pays, pas identique, mais très ressemblante.
Ce fut une version réduite de la Deuxième guerre du Liban. A la place du Hezbollah, nous avions affaire au Hamas et les missiles visaient le Néguev occidental, au lieu de la Galilée. Une fois de plus, l’Armée de l’Air a été appelée, dans ce même vain espoir qu’elle mettrait un terme à la souffrance de la population civile. Une fois de plus, aucune leçon n’avait été tirée et les mêmes erreurs se répétèrent.
Même la fin de cette guerre fut semblable: un pacte de cessez-le-feu fut conclu avec le Hamas, sous la tutelle de l’Egypte et les missiles ont continué de tomber sur le Néguev occidental, même après que le cessez-le-feu soit entré en vigueur. Quant au Hamas, il proclama sa victoire, de même que le fit le Hezbollah il y a deux ans.
A présent, nous recevons des rapports disant que le Hezbollah a exploité les deux dernières années pour stocker un énorme arsenal de guerre, comprenant des missiles de longue et courte portée et pour se préparer au prochain tour. Et ce qui s’est passé et continue de se passer au Sud Liban, se passe également actuellement dans la bande de Gaza. Au prochain tour, Tsahal aura affaire à un Hamas mieux armé et mieux entraîné.
Du point de vue du gouvernement d’Olmert, ces détails importent peu. De douces illusions bercent et dominent les cerveaux de ses ministres. La frontière nord est paisible et même si le cessez-le-feu est enfreint au sud, ce n’est que par quelques tirs de roquettes et d’obus de mortiers ici et là. Alors, pourquoi ne pas continuer ainsi ?
Ceux qui ont cru que Hassan Nassrallah fournirait des informations considérables sur le sort de Ron Arad, est capable de croire n’importe quoi. Le gouvernement peut continuer de rêver, mais il est temps que le public israélien se réveille !
Moshé Arens, ancien Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis et ex ministre de la Défense et des Affaires étrangères dans divers gouvernements.