
Guilad Shalit est né le 28 août 1986 à Nahariya au foyer de Noam et d’Aviva Shalit. Il a un frère, Yoël et une sœur, Adas.
Guilad a deux ans quand sa famille s’installe dans la petite localité de Mitspé Hila située au nord d’Israël et il y a passé toute son enfance.
Noam, le père de Guilad est ingénieur et il exerce à Nahariya.
Guilad a poursuivi sa scolarité dans des établissements scolaires de la région et a obtenu un baccalauréat scientifique avec mention excellente.
En 2005, il est mobilisé dans les rangs de Tsahal. Son dossier médical est limite et il n’est tout d’abord pas accepté dans une unité combattante. Mais étant très motivé, il s’obstine et finit par rejoindre les blindés, suivant l’exemple de son frère aîné, libéré un an auparavant. Après avoir terminé ses classes, il est envoyé dans les environs de la bande de Gaza, où il rejoint les effectifs chargés d’assurer la sécurité des villages juifs des alentours.
Le 25 juin 2006, des terroristes s’infiltrent en territoire israélien, du côté du kibboutz Kerem Shalom, en empruntant un tunnel creusé au sud de la bande de Gaza. Le tank dans lequel Guilad Shalit se trouvait est attaqué, un certain nombre de missiles sont tirés sur le tank et causent la mort du commandant du tank et d’un compagnon de Shalit. Un autre soldat est blessé et Guilad est touché à l’épaule. Les terroristes s’approchent du tank et enlèvent Guilad. En quelques minutes, Guilad Shalit est emmené dans la bande de Gaza et caché dans un endroit secret.
Quelques jours plus tard, un ‘comité de résistance populaire’ rattaché aux ‘brigades d’Ezzedine Al Kassam, la branche militaire du Hamas, annonce qu’il est l’auteur de cette opération. Son porte parole déclare que Guilad Shalit est en vie et que son état est ‘bon’
En avril 2007, Israël engage des négociations avec le Hamas par l’intermédiaire de l’Egypte, pour obtenir la libération de Guilad Shalit.
En juin 2007, la branche armée du Hamas diffuse une cassette audio sur laquelle on peut entendre la voix de Guilad Shalit pour la première fois :
«Je suis Guilad, fils de Noam Shalit, soldat détenu par les Brigades Shahid Ezzedine
Al-Qassam.
Papa, maman, mon frère et ma sœur, mes amis de Tsahal, je vous salue du fond de ma
prison et vous dis combien je me languis de vous tous.
Je viens de passer une année entière en détention ; mon état de santé s’est encore
détérioré et nécessite une hospitalisation prolongée.
Je regrette le manque d’intérêt du gouvernement israélien et de Tsahal à mon sujet et
leur refus de répondre aux exigences des Brigades Al-Qassam. Il est clair qu’il faut
répondre à ces exigences pour que je puisse enfin être libéré, d’autant plus que j’étais
un soldat effectuant une opération militaire, obéissant à des ordres et non un trafiquant
de drogue.
Et de même que j’ai des parents, une mère et un père, les milliers de prisonniers
palestiniens ont aussi des mères et des pères auxquels on doit rendre leurs fils.
J’espère vivement que mon gouvernement s’intéressera davantage à moi et répondra
aux exigences d’El-Medjaidine»
Le caporal Guilad Shalit
A cette même époque, il fut également question d’une cassette vidéo sur laquelle Guilad Shalit avait été filmé, mais les images n’ont jamais été transmises.
Fin août 2007, un des chefs terroristes du Hamas, Halad Mishal, annonce qu’Israël et le Hamas se sont entendus sur une liste d’entre 350 et 400 ‘prisonniers’ qui devraient être libérés.
En janvier 2008, le Hamas déclare qu’il libèrera Guilad Shalit à condition qu’Israël accepte de relâcher Marwan Bargouti.
A la suite de la visite de l’ancien Président des Etats-Unis Jimmy Carter dans la région, une lettre de Guilad Shalit a été remise à ses parents. Dans cette lettre, Guilad dit qu’il n’est pas en bonne santé et supplie Israël et sa famille de ne pas l’abandonner et de tout faire pour obtenir sa libération.
Début juillet 2008, le Hamas annonce que les négociations avec Israël sont suspendues et que désormais, il ne sera plus question de donner des nouvelles de Guilad.
Le père de Guilad s’est engagé dans une bataille diplomatique et médiatique dans le cadre de laquelle il fait preuve d'un calme impressionnant et d'une dignité exceptionnelle.
Guilad Shalit a la double nationalité française et israélienne. Dès les premiers jours, à la suite de l’enlèvement, le père de Guilad a supplié le gouvernement israélien de tout faire pour lui ramener son fils sain et sauf, insistant sur le fait qu’un jour ou l’autre, il faudra bien faire des concessions et qu’autant le faire immédiatement pour éviter à son fils et à sa famille des souffrances inutiles.
Noam Shalit s’est également tourné vers la France, lui demandant d’intervenir. Après la libération d’Ingrid Bétancourt début juillet 2008, Guilad Shalit reste le seul Français retenu en otage dans le monde.
Pour signer la pétition pour la libération de Guilad Shalit : http://www.guiladchalit.com/index.php?petition=2&signe=oui
Lettre envoyée par Noam Shalit à son fils Guilad, un an après son enlèvement, après la diffusion de la cassette audio sur laquelle Guilad lit un message qui lui avait été dicté :
«Notre cher fils Guilad,
C’est d’ici, de Mitspé Hila, que je t’écris cette lettre. Je suis assis en face de tes dernières photos prises l’été dernier et j’entends ta voix brisée et hésitante sur la cassette qui nous est parvenue la semaine dernière. C’est tout ce que nous avons de toi, après cette longue année de silence, cette année qui nous semble interminable pour nous, comme pour toi, j’en suis sûr.
Tu dois certainement te douter que maman et papa, ta sœur Adas, ton frère Yoël et toute la famille qui t’aime tant, sont extrêmement soucieux. Tu nous manques tellement. Tu ne peux t’imaginer à quel point tu nous manques et combien nous sommes inquiets pour toi.
Je suis sûr que tu sais que nous faisons tout notre possible pour te ramener à la maison. De nombreuses personnes en Israël, en Egypte, en France et dans le monde entier ne cessent d’œuvrer en faveur de ta libération contre celle des autres prisonniers palestiniens qui souhaitent eux aussi rejoindre leurs familles. Nous n’abandonnerons pas, jusqu’au jour où nous te serrerons enfin dans nos bras à la maison.
Il faut que tu saches que l’Etat d’Israël s’est engagé à obtenir ta libération et se déclare prêt à relâcher des centaines de prisonniers palestiniens, afin que tu reviennes à la maison sain et sauf.
Il nous est très difficile d’être sans nouvelle, de ne pas savoir comment tu te sens et si ton état de santé ne s’aggrave pas. Nous aimerions savoir comment tu surmontes cette dure épreuve et si tu es bien traité.
Ceux qui te détiennent disent que tu es un prisonnier de guerre, mais à mon grand regret, ils ne respectent pas les conventions des droits qui doivent être accordées aux prisonniers de guerre, en vertu des lois internationales et conformément à la loi de l’Islam, cette religion qui ordonne de se conduire avec les prisonniers de guerre de manière digne et humaine, de leur octroyer leurs droits légitimes et de pourvoir à leurs besoins.
L’Etat d’Israël respecte complètement les droits des prisonniers palestiniens, quel que soit le délit pour lequel ils sont en prison.
Sois fort, Guilad, tiens bon ! Je sais que c’est une période extrêmement difficile pour toi, mais garde le moral, ne lâche pas, tu finiras par retrouver la liberté ! Nous ferons tout pour que ce soit le plus tôt possible.
Nous espérons que cette lettre te parviendra rapidement et que ceux qui te gardent prisonnier ne t’en priveront pas. Israël n’empêche pas les prisonniers palestiniens de recevoir et d’envoyer des lettres à leurs parents.
Mon cher Guilad, espérons que nous serons bientôt réunis à la maison. En attendant, nous t’embrassons de tout notre cœur.
Ta Maman et ton Papa qui t’aiment très fort»